Les différents types de gréement

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Trois-mâts goélette ou goélette à trois-mâts ? Chaloupe ou bisquine ?

Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans les différents types de gréement des bateaux de nos côtes !

Grâce à ces explications illustrées et avec un peu d'habitude, il vous sera désormais plus facile d’identifier à coup sûr un voilier.

Pour cela, si le nombre des mâts est important, la forme des voiles l’est tout autant.  

Celle que l’on dit latine est de forme triangulaire et possède une antenne sur son côté le plus haut. 

La voile au tiers est une voile aurique. établie sur une vergue dont la drisse est frappée au tiers de sa longueur. Comme les suivantes, c’est une voile qui possède un arrière et un avant.

La livarde, qui a donné son nom au gréement qu’elle compose, est un espar qui sert à élever et tendre une voile en diagonale. 

La voile à corne tient, elle aussi, son nom de l’espar sur lequel elle est enverguée. Cette corne, qu’on appelle également un pic, s’articule sur le mât à l’aide d’une mâchoire, ou encornat. Quant à la voile carrée, de forme trapézoïdale, elle est établie sur une vergue en travers du mât. Si cette voile carrée est portée au-dessus des voiles basses, on l’appelle alors un hunier. 

Enfin, le gréement bermudien (souvent, mais improprement, appelé marconi, et très largement adopté par la plaisance contemporaine), est caractérisé par une grand-voile de forme triangulaire hissée le long d’un mât souvent très haut.

 

Le gréement latin

La voile latine est une voile triangulaire (alla trina).
Le gréement est ici composé d'une vergue longue et mince, qui croise le mât en oblique, appelée antenne. Elle est composée généralement de deux parties qui sont liées entre elles par des roustures. Ces deux pièces sont nommées la penne et le quart encore nommé car, carneau ou carnau. Ce dernier constitue la partie inférieure. Ill est plus rigide que la penne. L'antenne descend jusqu'à l'avant du bateau, où elle est fixée (point d'amure). Les bandes de ris sont hautes et parallèles à l'antenne. Il n'y a pas de bôme.
Au virement de bord, il faudrait théoriquement changer l'antenne de côté par rapport au mât pour conserver un bon rendement, ce qui est très difficile, voire impossible à faire, car la longueur de la portion de l'antenne sur l'avant du mât est pratiquement toujours supérieure à la hauteur de ce même mât. Lorsque l'antenne se trouve au vent, la voile est plaquée sur le mât, et son rendement est alors moindre.
La voile latine est le gréement traditionnel du pourtour méditerranéen, il arme la barquette marseillaise, la barque catalane, la bette, la tartane, la gourse, le moure de pouar, le boutre, la felouque... C'est aussi le gréement des premières caravelles

L'efficacité de la voile latine pour remonter le vent au près n'a pas été égalée avant l'invention de la voile bermudienne ou gréement marconi.

Gréement latin

Barque à voile latine, tartane

Balancelle,

tarca de mitjana

Felouque,

Brigantin

Chebec, Pinque

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Photo de la barquette marseillaise "André Jean" restaurée et entretenue par l'association La Nave Va. 

Les premières Caravelles, à voiles latines

 

Le gréement carré

C'est le type de voile le plus ancien en Europe. Très simple, son efficacité, maximale du vent arrière au vent de travers, diminue à mesure que l'on se rapproche du lit du vent apparent.
Elle fut utilisée de manière connue dès l'antiquité, de la Baltique à la Méditerranée sur les navires marchands et militaires, qu'ils soient de mer ou de rivière.
Au IXe siècle l'introduction de la voile latine amorce le déclin de cette voile en Méditerranée où le régime des vents est trop irrégulier pour pouvoir l'utiliser. En Atlantique elle perdure au-delà même du Moyen Âge, des drakkars des Vikings au kogs hanséatiques, en passant par les nefs françaises et anglaises. Les siècles suivants confirment son maintien comme en témoignent les vaisseaux produits tant pour le commerce que pour le combat.
Pendant l'essor de la marine à voile (XVIIe siècle-XIXe siècle) l'augmentation de la dimension des navires a considérablement augmenté la hauteur des mâts et, l'on a multiplié le nombre de voiles carrées sur chaque mât (on a eu jusqu'à 7 étages) afin qu'elles restent cargables (repliables) par un nombre acceptable de marins.
Sur les longs bords de portant, les capitaines de clippers faisaient quelquefois ajouter à l'extérieur, des rallonges de vergues pour porter des voiles appelées bonnettes qui permettaient de gagner un petit peu de vitesse. Cette opération délicate et risquée était redoutée des gabiers car la chute était la promesse d'une mort certaine par noyade, le navire étant incapable de faire demi-tour pour venir le rechercher.
La compilation et la publication au milieu du XIXe siècle par le capitaine américain Ch. Maury des wind charts (somme des statistiques des vents dominants par secteurs) sur des cartes marines a permis de déterminer des routes où les vents portants (trade winds, les vents commerciaux) étaient les plus réguliers et où ces gréements puissants étaient efficaces. Il a ainsi contribué à l'essor des grands voiliers dits à « phares carrés » (pour l'aspect général qu'ils avaient rappelant la silhouette d'un phare).
C'est au cours de la première moitié du XXe siècle que disparaît peu à peu cette voile, en particulier avec la fin des grands voiliers à prime, une des générations les plus abouties pour la taille et la vitesse, dont le Belem est un survivant en France, à la différence du Duchesse Anne qui témoigne d'une génération de grands navires école de cette période révolue.
La machine à vapeur et le moteur à combustion interne ont eu raison de cette voilure plus que millénaire.

"La Recouvrance", goélette. (Photo © Benoit Stichelbault / La Recouvrance)     

Le "Cisne Branco", trois-mâts carré. (Photo © Brest 2008 / DR)

Le Kruzenshtern, quatre-mâts barque. (Photo © Brest 2008 / DR)

Le Christian Radich, trois-mâts carré. (Photo  © DR)

Gréement carré

Bateau à voile carrée

Dogre

Brick goélette

Brick

Trois-mâts goélette

Trois-mâts barque

Trois-mâts carré

Quatre-mâts goélette

Quatre-mâts barque

Quatre-mâts carré

 

Gréement au tiers

À ses débuts cette voile était peu différente de la voile carrée, sa vergue étant horizontale, mais avec des performances nettement améliorées au près, notamment par « apiquage » de la vergue, c'est-à-dire que la vergue devient plus verticale en se rapprochant de l'axe du mât.
Elle fait partie de la famille des voiles auriques. Elle connut son heure de gloire avec les bateaux de pêche côtière du XIXe siècle et au début du XXe siècle, surtout en Bretagne, avec par exemple le sinago du Morbihan ou la chaloupe sardinière, qui régnait de Concarneau à la rade de Brest. Jusqu'en 1940, on la retrouve encore sur certaines unités motorisées comme les pinasses (inspirées du sud-ouest, mais adaptées aux conditions de travail et de mer de la région), soit en appoint, soit en gréement complet.
Le rendement d'une voile au tiers est meilleur sur une amure que sur l'autre. On parle d'amure lorsque la vergue est sous le vent venant de bâbord (gauche) ou de tribord (droite), cela a amené les chaloupes sardinières, puis les pinasses qui ont conservé le gréement au tiers, en particulier celles de Douarnenez, à adopter un gréement inversé : La voile de misaine (à l'avant du navire) était hissée sur bâbord , tandis que le taillevent (au centre du bateau) était hissé sur tribord. Cela permettait de conserver une voile avec une amure positive s'il n'était pas possible de gambeyer.

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"Ar Jentilez", flambart goémonier

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Sinago du Golfe du morbihan, chaloupe à corne (Photo ©R.Le Bihan)  

Gréement au tiers

Canot à misaine

Canot à misaine et Tape-cul

Chaloupe, 

Flambart

Bisquine, chasse marée, lougre

 

 

Grément à livarde

La livarde est également connue sous le nom de balestron, un espar qui permet de tendre la voile aurique en partant du mât vers le haut, ou de tendre une voile triangulaire du mât vers le point d'écoute, comme sur les sharpies.
Cette voile connut ses heures de gloire dans la marine fluviale: simple à mettre en œuvre, elle était adaptée aux mâts rabattables ou amovibles de diverses embarcations, comme les chalands, les barges et certaines péniches. Parmi les embarcations ayant porté ce gréement à la perfection, nous comptons les barges de la Tamise dont certains exemplaires naviguent encore aujourd'hui à la plaisance, tandis que d'autres sommeillent dans un musée.
Assez peu répandue aujourd'hui, ce type de voile équipe, dès l'origine, tous les Optimist depuis 1947.

l'Optimist, survivant moderne du gréement à livarde

Gréement à livarde

 

Bateau à livarde

 

Bateau à livarde et tape-cul

 

 

Gréement à corne

Cette voile fait partie de la famille des voiles auriques. Évolution de la voile au tiers, elle augmente encore les performances en ramenant toute la surface en arrière du mât, libérant la partie avant de celui-ci pour l'installation d'une trinquette et de focs. La forme de la voile qui déverse beaucoup au niveau de la corne, la rend peu efficace au plus près du vent mais permet cependant de porter une grande surface de toile pour un mât court.
Dans la partie supérieure peut être gréé le « flèche », ce qui permet d'augmenter la voilure notamment par petit temps…
Elle équipe nombre de gréements traditionnels de travail comme les cotres, les dundees thoniers, les coquilliers…

Le "Budding Rose", cotre à corne. (Photo © Brest 2008 / DR)

Le Far Barcelona goélette a corne (Photo © DR)

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Le "Windy" (Chicago), goélette à quatre mats

Gréement à corne

 

Sloop

Cotre

Dundee, cotre ou sloop à tapecul, yawl, ketch

Goélette franche

Goélette à Trois mâts

Goélette à Quatre mâts

 

Gréement à corne et huniers

Le gréement à corne et huniers est un gréement dont la misaine aurique à corne est surmontée d'une voile carrée nommée hunier.
Le mât de misaine, celui qui est situé à l'avant du grand mât, porte une hune et est prolongé par un mât de hune fixé fermement au bas-mât. Ce mât de hune est équipé de deux, trois ou rarement quatre vergues destinées à établir des voiles carrées, les huniers.
Certaines goélettes à hunier portent un second mât de hune, avec ses vergues, fixé à un autre mât, normalement au grand mât.
Le(s) mât(s) de hune avec ses vergues remplacent le prolongement classique d'un mât de « goélette franche ».
La goélette à huniers est la goélette originale, très élégante et rapide. Les précurseurs de la goélette à huniers furent construits la première fois à Baltimore aux États-Unis au XVIIIe siècle, pourquoi ils furent nommés "Clippers de Baltimore".

Le "JR Tolkien", goélette à hunier. (Photo © DR)

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"Le Renard", cotre à huniers (Photo ©Pascal Uguen)

Gréement à corne et à hunier

Sloop ou cotre à huniers

Ketch à hunier

Goélette à huniers

Goélette à Trois mâts à huniers

Goélette à Quatre mâts à huniers

 

Gréement  houari 
C'est une voile à corne dont le pic s'approche d'environ 25 à 30 degrés de la verticale, voire moins ; il ne permet pas l'usage de la voile de flèche (Flech). Ce mode de gréement précède le type « Marconi ».
Ce type de gréement permet d'obtenir une bonne partie des avantages de la « voile bermudienne » (plan de voilure dans l'axe, centre de voilure plus haut, écoulement laminaire amélioré...) sans avoir besoin d'un mât très long.
On le retrouve au début du XXe siècle en France, dans le nord Finistère, en particulier sur nombre de cotres de pêche de la baie de Morlaix, ex. : Jeanne d'Arc lancé en 1909. L'avantage de ce gréement simple à mettre en œuvre, est une certaine légèreté, d'excellentes performances aux allures du près tout en maintenant une surface de toile importante propice à la vitesse (Les premiers arrivés au port obtenaient le prix le plus élevé pour leur pêche, question de fraîcheur aussi).
Assez en faveur au début du XXe siècle sur les voiliers de plaisance, les progrès des matériaux composant les mâts (aluminiums puis composites) et leurs haubanages les ont rendus rapidement obsolètes. 

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le L-Boat, un sloop houari 

Gréement houari 

Gréement houari à balestron

Sloop houari

 

Gréement bermudien

Le gréement bermudien est caractérisé par une grand-voile de forme triangulaire hissée le long d’un mât souvent très haut. C'est l'ancêtre à mât à haubanage traditionnel, les mâts étant le plus souvent inclinés vers l'arrière et voile au départ sans rond de chute maintenue au mât par un transfillage, précédant le système de haubanage actuel dit « marconi » (mât vertical et voile maintenue par coulisseaux sur un rail) en référence au gréement à barres de flèches nécessaire pour la supporter qui ressemblaient aux premières antennes de radio. C'est actuellement la voile la plus répandue en plaisance du fait de sa polyvalence et de ses performances notamment aux allures du près et de la facilité et simplicité de manœuvre. C'est une évolution des versions antérieures en deux pièces: la grand-voile (à corne) et une voile appelée le « flèche », frappée sur la corne et hissée au mât, système dur et complexe à manœuvrer et moins performant. Le système Bermudien a lui-même succédé au Houari aux performances assez proches . L'on trouve maintenant des voiles entièrement lattées et dont le rond de chute est beaucoup plus important.

Le gréement Bermudien que l'on nomme souvent "Marconi" marconi est de nos jours la voile la plus répandue. Ces voiles modernes sont aujourd’hui constituées de fibres synthétiques alors que par le passé elles étaient en cotton. Les voiles généralement utilisées par les plaisanciers sont faites en polyester (ou dacron). Les voiles constituées de carbone (mylar ou kevlar) sont utilisées pour fabriquer les voiles de compétition. Ces fibres permettent de réduire le poids des voiles tout en augmentant leur rigidité. Elles sont cependant peu résistantes aux rayons ultraviolets qui diminuent leur souplesse et leur solidité. En plaisance comme en régate, on apprécie les grandes qualités du gréement bermudien soit : l'aisance à la manier, sa légèreté, ses performances ainsi que son efficacité lorsqu’on veut remonter le vent. 

 

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Le "420" dériveur moderne (Sloop  "Marconi")
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Un cotre "Marconi"

Gréement bermudien

Sloop

Cotre

Yawl ou Ketch

Goélette

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