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Périodiquement,
il faut effectuer sur le bateau ce qu'on appelle le "carénage".
On désigne ainsi la série d'opérations de révision périodique
de la coque d'un bateau.
Plus
il reste dans l'eau et plus un bateau se salit. Des coquillages
et mollusques viennent même, si l'on y prend garde, élire
domicile sur la coque.
Les
salissures sont de trois types :
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Ce
type de carénage déjà interdit, ne sera bientôt plus
possible sur l'ensemble du littoral |
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Il
faut donc pour combattre ces salissures et ces ôtes
inopportuns, utiliser un revêtement spécial que l'on nomme
"antifouling". Mais l'antifouling perd son efficacité
avec le temps (variable en fonction de l'efficacité et du type
d'antifouling et temps passé dans l'eau. Le carénage est donc
l'opération qui consiste à nettoyer la coque sous la ligne de
flottaison, à décaper ou poncer les restes d'antifouling, et
à remettre en peinture.
C'est
une opération qui nécessite des précaution pour la santé de
ceux qui la pratiquent et pour l'environnement en raison de la
toxicité des peintures et des solvants. Les déchets de cette
opérations sont des déchets toxiques et dangereux, qui doivent
être éliminés conformément à la Loi.
Théoriquement
aujourd'hui, le carénage "sauvage est interdit. Seules les
aires spécialement aménagées pour l'élimination des déchets
toxiques sont autorisées. Seulement, elles sont encore
insuffisantes en nombre et en surface, ce qui explique qu'il
faut prendre rendez vous à l'avance pour disposer d'une place
et d'un créneau pour le grutage (voir note ci dessous).
Matériel
nécessaire pour mener à bien l'opération :
-
Une
pompe à haute pression avec les tuyaux et le câble électrique
nécessaire
-
Un
pulvérisateur contenant de l'eau de javel à forte
concentration
-
Du
diluant antifouling ou une ponceuse, des grattoirs
-
De
l'antifouling et des rouleaux du style "patte de
lapin"
-
Des
combinaisons, des masques et des casquettes...
-
Des
chiffons et la panoplie complète du parfait peintre
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Quel
antifouling choisir ?
Tout
dépend : du bateau, de son usage, de sa vitesse, de l’eau
dans laquelle il navigue, de son port d’attache (échouage ou
port à flot), de la fréquence de navigation…
Un
antifouling est composée de deux éléments : la matrice
et le biocide. La matrice a pour fonction d'incorporer le
pigment, les charges et le biocide et doit permettre le relâchement
graduel de ce dernier dans l'eau. Selon le type de matrice
utilisée, le mécanisme change la diffusion du biocide. C’est
ce processus qui caractérise les typologies différentes
d'antifoulings.
Il
existe 3 types d'antifouling :
-
Les
antifoulings à Matrice dure : conseillé pour les bateaux
à moteur rapides et les voiliers et les zones à très
fortes salissures
-
Les
antifoulings à matrice semi-érodable ou mixte : Ils sont
polyvalents (voiliers et bateaux moteur jusqu'à 30 nœuds)
et conviennent aux zones à salissures moyennes.
-
Les
antifoulings à matrice érodable : pour voiliers et bateaux
moteur jusqu'à 30 nœuds et zones à très fortes
salissures
Pour
bien choisir son antifouling, le mieux est de consulter les
sites des fabricants, les forums sur le sujet, son ship habituel
et de se faire son choix en fonction de tout ça. Pour ma part,
j'utilise Cruiser UNO de chez International® , un
anti-fouling à matrice semi-érodable. La dernière application
ayant tenue deux ans avec juste un nettoyage intermédiaire,
inutile d'en changer ! |
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Un
carénage type :
Bien
souvent, l'opération commence et a finit par un
"grutage". Elle dure deux jours si l'état de la coque
n'implique pas d'ôter l'ancien anti-fouling.
Une
fois le bateau bien posé sur le quai, démarrage du chantier.
-
Tout
d'abord, pulvérisation d'eau de javel sur les coquillages.
Pendant que l'eau de javel fait son office, on prépare la
pompe haute pression et le matériel.
-
Ensuite,
grand nettoyage au Karcher®, grattage des récalcitrants si
besoin est
-
Séchage
(pendant l'heure du déjeuner)
-
Passage
de la première couche.
-
Séchage
toute la nuit
-
Application
de la deuxième couche le lendemain matin
-
Séchage,
en fonction du temps préconisé par le fournisseur et de la
température extérieure.
-
Remise
à l'eau
L'opération
peut s'avérer plus longue dans plusieurs cas:
-
Il
faut retirer l'ancien antifouling trop abîmé : Dans ce cas
il faut poncer en portant un masque de protection ou
utiliser un diluant spécial antifouling
-
L'ancien
antifouling n'est pas compatible avec le nouveau (ou sa
provenance est inconnue), auquel cas il faut passer une ou
deux couches d'apprêt.
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On
fignolera le tracé de la ligne de flottaison |
Le temps de séchage
étant respecté, la remise à l'eau s'effectue en fin d'après
midi. Mise en place des sangles, tension des chaînes, démontage
des étais et le bateau quitte son support. Ne pas oublier les
dernières retouches dans les parties de quille sur les quelles
reposait le bateau. |

Une
fois le bateau levé, ne pas oublier les parties qui étaient
inaccessibles
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C'est
alors que la grue entre en action et que commence la longue
ascension qui va permettre au bateau de passer au dessus de ses
compagnons de quai et de regagner le bassin.
Moment
toujours impressionnant. Heureusement, en général les gars des
ports sont des virtuoses et quelque soit la taille du bateau, la
mise à l'eau s'effectue sans incident.
Ce
type de carénage sur aire spécialisée, avec réception des
eaux de rinçages et des produits, n'est plus que le seul
autorisé. Faute de places suffisantes, le carénage sauvage se
poursuit encore mais ne sera bientôt plus qu'un mauvais
souvenir. A noter qu'en ce qui nous concerne, nous avons
toujours "caréné propre". Mentalité écolo
oblige... |
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| Ou
en sommes nous sur l'interdiction du "carénage
sauvage" ?
La
loi sur l'eau du 30 décembre 2006, oblige a parvenir à une
bonne qualité des eaux, afin d'atteindre à l'horizon 2015 un
bon état écologique des masses d'eaux, comme le préconise
la directive cadre européenne sur l'eau du 22 décembre 2000,
transposée en droit français par la loi du 21 avril 2004 (Loi
n°2004 - 338 du 21 avril 2004, portant transposition de la
directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique
communautaire dans le domaine de l'Eau)
Il est important de noter que :
* la bonne qualité des masses d'eaux concerne également les «
masses d'eaux côtières »
* la loi sur l'eau accentue l'importance de la gestion des eaux
usées et également des eaux pluviales, vecteur important de
charges polluantes de la terre vers la mer.
La Directive sur la responsabilité environnementale, du 21
avril 2004 transposée en droit français mi 2008 accentue les
notions de prévention et de réparation des dommages à
l'environnement. Dans certains domaines, les gestionnaires de
ports seront concernés, et pourront être impliqués : État écologique
des masses d'eaux, protection de la faune et de la flore
sauvages...
Et cela en cas de non maîtrise d'une pollution, qu'elle soit générée
par l'activité portuaire, ou simplement qu'elle transite par le
bassin portuaire, avant de contaminer l'espace marin et littoral
proche.
Ce texte concerne les détériorations de l'environnement qui présentent
un réel caractère de gravité, dans trois domaines :
-
L'atteinte
à la santé humaine du fait de la contamination des sols
-
L'état
écologique de l'eau
-
L'atteinte
aux espèces et aux sites protégés.
La
loi reconnaît la nécessité de protéger la biodiversité, et
plus qu'une réparation pécuniaire, prévoit d'organiser la
remise en état d'un site en cas de dégradation.
Un décret en Conseil d'État fixera prochainement les activités
soumises à l'obligation de réparation, les différents niveaux
de responsabilité, et les conditions de mise en œuvre des
mesures de prévention et de réparation...
Code des ports maritimes, article L 332-2 et R322-2 sur la
conservation du domaine public des ports maritimes.
Article L332-2
Nul ne peut porter atteinte au bon état et à la propreté du
port et de ses installations.
Le fait de jeter dans les eaux du port tous déchets, objets,
terre, matériaux ou autres est puni d'une amende d'un montant
égal à celui prévu pour les contraventions de 5ème
classe.
Article R 322-2
Nul ne peut porter atteinte au bon état des ports et havres
tant dans leur profondeur et netteté que dans leurs
installations.
Le jet de terre, objets ou immondices dans les eaux des ports et
leurs dépendances, leur dépôt sur les quais et les terres
pleins des ports sont punis de l'amande prévue
pour les contraventions de la 3ème classe.
...
Pour l'application de ces textes, citons pour exemple, cet
extrait du règlement du Port de Morlaix :
Règlement d'exploitation de l'aire de carénage
Article 15 Il est strictement défendu :
-
de
caréner les embarcations en dehors de la zone prévu à cet
effet, conformément à l'article L 2212-2 du code général
des collectivités territoriales, des articles R 352.1,
353.1 du code des ports et de la directive européenne sur
la qualité de l'eau.
-
de
rejeter des eaux pouvant contenir des hydrocarbures, des
matières dangereuses ou insalubres.
-
d'utiliser
les W.C s'évacuant dans les eaux du port.
-
de
jeter des décombres, des ordures ou des matières
quelconques dans les eaux du port.
-
De
déposer ces mêmes matières sur les quais, cales, pontons
et terres pleins.
Le
responsable de rejets ou déversements d'hydrocarbures sera tenu
de faire nettoyer le plan d'eau et les ouvrages souillés par
ces déversements.
Autrement
dit, si vous êtes des vrais marins, respectez la mer et carénez
propre....
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